LES ENVENIMATIONS


Mygale

 

Un tableau évocateur de l’Afrique noire mais aussi sous d’autres latitudes : de jeunes enfants blancs ne jouant dans la propriété familiale que sous la protection d’un gardien armé d’un bâton et prêt à les protéger des serpents.

Sous les tropiques, la gent ophidienne est prolifique et variée. Piqueurs, mordeurs ou cracheurs, la plupart des serpents sont venimeux et redoutables : du mamba vert d’Afrique centrale ou de la vipère du Gabon au naja d’Extrême-Orient et au fer de lance de Martinique, les serpents marins étant parmi les plus venimeux.

Seul, Madagascar n’a pas de serpents dangereux.

Si, de nos jours, on dénombre dans le monde une vingtaine d’instituts de fabrication de sérums antivenimeux dont l’injection rapide est le geste essentiel en cas de morsure, le pionnier en la matière est A. Calmette*, l’un des plus illustres des médecins du Corps de santé colonial, inventeur plus tard du vaccin antituberculeux. Publié en 1907, son ouvrage fait référence, "Les venins, les animaux venimeux et la sérothérapie antivenimeuse" (un volume de 396 pages).

 

Décrivant les signes de l’envenimation, Calmette* en distingue deux types :

- celui des colubridés aux signes locaux discrets mais qui peut tuer en quelques heures,
- celui des vipéridés où la zone mordue est très douloureuse et peut se nécroser, la mort survenant après 24 heures dans un contexte d’hémorragies profuses.

Le sérum antivenimeux est découvert en 1894 d’une part par Calmette*, d’autre part par Phisalix et Bertrand. Mais, le premier, Calmette* en prépare, la même année, à Saigon, une grande quantité à partir de venin de cobra. Puis, sous sa direction, les instituts Pasteur de Paris et de Lille fabriquent un sérum polyvalent qui rend aussitôt de grands services dans les pays tropicaux.

Ensuite, l’institut Pasteur de Paris s’oriente vers la fabrication de serums spécifiques du venin des serpents de chaque région. Les différents instituts Pasteur coloniaux, entre autres celui de Kindia en Guinée participent à la capture et à l’identification des serpents de leur région ainsi qu’à la préparation des sérums antivenimeux correspondants.

Enfin, Calmette* cherche à enrayer la pullulation des reptiles par l’introduction de leurs ennemis naturels. Divers oiseaux tropicaux dits "serpentaires", dévorent les serpents; ailleurs, la mangouste rend le même service. En 1921, Calmette* dresse la liste des animaux destructeurs de serpents venimeux.


Nécrose après morsure de serpent

 


Nécrose de la main après morsure de serpent

 

L’étude des serpents venimeux est réalisée par les médecins et pharmaciens coloniaux qui en organisent la capture, en récoltent le venin qu’ils adressent aux instituts Pasteur en vue de la fabrication des sérums antivenimeux si précieux dans ces régions tropicales.

L’un d’entre eux, pharmacien, Giboin*, fait l’inventaire des serpents de l’Inde du Sud qui faisaient 4 à 5 victimes par jour dans les Comptoirs. En 1948, il publie un ouvrage sur "Les principaux serpents de l’Inde". Nommé par la suite au Togo, il poursuit ses recherches et publie en 1953 un autre ouvrage "Ce qu’il faut savoir sur les principaux serpents du Togo".




Pour en savoir plus :

- Goyffon M. Chippaux J.P. : Animaux venimeux terrestres. Encycl. Méd. Chir. Paris. Intoxications. 16-078 A-10,1990.
- Geistdoerfer P. Goyffon M. : Animaux aquatiques dangereux.- Encycl. Méd.Chir. Paris. Toxicologie. 16-078 C-10,1991.


Page publiée le 11/01/2017.