LES ORGANISMES NATIONAUX ET INTERNATIONAUX
LES UNIVERSITÉS

Les hasards de la carrière et les compétences individuelles des médecins et pharmaciens appartenant au Corps de santé colonial amènent plusieurs d’entre eux à être sollicités par des organismes civils, nationaux ou internationaux et à s’orienter vers l’Université. Ce processus s’accentue après la Seconde Guerre mondiale avec l’intensification de la coopération sanitaire internationale et la création des facultés de Médecine et de Pharmacie outre-mer. Selon les époques, l’officier, mis en position de détachement, continue d’appartenir au Corps de santé colonial ou est obligé d’en démissionner.





LES ORGANISMES NATIONAUX ET INTERNATIONAUX

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), créée par les Nations-Unies en 1948, fait appel à plusieurs dizaines de médecins et pharmaciens coloniaux, en activité ou ayant quitté l'Armée, pour figurer parmi les experts de l'Organisation. A ce titre, ils siègent dans les comités d'experts et participent à des missions à travers le monde.

A la naissance de l'OMS, la forte majorité des spécialistes français en médecine tropicale appartient au Corps de santé colonial.

A Genève, au siège de la Direction générale, de 1950 à 1973, P. Dorolle*, occupe le poste de Sous-Directeur-Général de l'institution. Plusieurs membres du Corps de santé colonial sont nommés chefs de services ou adjoints dans les départements suivants : maladies virales (Brès*), maladies bactériennes et vénériennes (Causse* et Ridet*), lèpre (Sansarricq*) et entomologie (Quelennec*). D'autres sont nommés chefs de services dans les bureaux régionaux de l'OMS : Choumara* pour la Santé publique et l'environnement à Copenhague (bureau Europe), Lartigue* pour les maladies transmissibles, Farrugia* pour la lèpre, à Manille (bureau Pacifique occidental), Lapeyssonnie* pour les maladies transmissibles à Alexandrie (bureau Méditerrannée orientale).

L'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture, plus connue sous son sigle anglais FAO, créée par les Nations-Unies en 1945, à Rome, confie des postes de directeur de divisions à des pharmaciens coloniaux, successivement Autret*, Ganzin*, Périssé et Lunven*.

Le Centre International de l'Enfance (CIE), à Paris, compte, parmi ses directeurs, un médecin du Corps de santé colonial, Guignard*.

Dans les organismes nationaux, il faut accorder une place particulière à Pales*, sous-directeur du musée de l'Homme, et à Brygoo*, titulaire de chaire au Muséum national d'histoire naturelle.




LES UNIVERSITÉS

Alexandre Le Dantec* est le premier titulaire d'une chaire universitaire de médecine tropicale à la faculté de Médecine de Bordeaux. Plusieurs médecins et pharmaciens coloniaux suivent la même voie mais selon des modalités variables. Au début, ils sont nommés "chargés d'enseignement", en particulier en Indochine. Leur compétence est reconnue et mise à profit mais leurs fonctions sont temporaires; ils n'appartiennent pas aux personnels de l'Enseignement supérieur français. D'autres sont officiellement admis dans le Corps professoral de la faculté, à titre temporaire, durant leur temps d'affectation outre-mer. Ils sont nommés par le ministère de l'Éducation nationale en qualité de "professeurs associés" ou de "professeurs en service extraordinaire".

D'autres sont directement titularisés dans le corps des professeurs de faculté de Médecine. A Marseille, la chaire de médecine tropicale créée dans les années 1940 est confiée successivement à Heckenroth* et à Fr. Blanc*, tous deux anciens professeurs du Pharo.

A partir de 1950, s'ouvre la faculté de Médecine de Dakar et d'autres suivront, en Afrique. Des médecins et pharmaciens du Corps de santé colonial, déjà sur place, sont nommé chargés d'enseignement et aident au démarrage de ces établissements. Certains, après leur succès aux concours civils d'agrégation de Médecine ou Pharmacie sont nommés professeurs d'université. Après leurs années d'exercice outre-mer, ayant préparé leur relève par des élèves nationaux, ils poursuivent leur carrière professionnelle dans une faculté de France. On dénombre dans cette catégorie une trentaine de professeurs de Médecine et trois de Pharmacie, ayant servi pour la plupart à Dakar, mais aussi à Abidjan, à Yaoundé et à Tananarive. On compte parmi eux un recteur d'université et quatre doyens de facultés de médecine.

Il est à souligner que ces différents enseignants-chercheurs ne se sont pas confinés dans la médecine ou la pharmacie tropicale mais bien dans les diverses disciplines des facultés de Médecine et de Pharmacie.


Page publiée le 11/01/2017.