LE MUSÉE DES TROUPES DE MARINE DE FRÉJUS

Inauguré le 2 octobre 1981, le Musée des Troupes de Marine de Fréjus réserve dans ses collections une place importante au Corps de santé colonial, à travers ses dénominations successives :

- Corps de santé des colonies et des pays de protectorat (1890-1903)
- Corps de santé des troupes coloniales (1903-1958)
- Corps de santé des troupes d’outre-mer (1958-1961)
- Corps de santé des troupes de marine (1961-1968)

Fréjus n’est pas la plus ancienne garnison des troupes coloniales en métropole mais c’est assurément la plus connue de tous les militaires coloniaux. La proximité de la mer, immense frontière de l’outre-mer, le passé de cette ville qu’un très grand colonial, Galliéni, avait choisie pour y faire hiverner, dès 1915, les troupes venues de tout l’empire, ont déterminé le choix de cette ville pour installer le musée et y montrer que les actions guerrières de cette arme, pour aussi glorieuses qu’elles aient été, ne sont qu’un des aspects de son histoire. De plus, des liens particuliers existent entre Fréjus et le Corps de santé colonial puisque quatre hôpitaux militaires coloniaux y ont été implantés en 1915-18 : l’hôpital n° 55 (Fréjus centre), l’hôpital n° 88 (à l’emplacement du futur hôpital Jean-Louis), l’hôpital sénégalais (n° 66) et l’hôpital annamite (n° 67) à proximité du camp Galliéni.

L’une des missions de ce musée est de conserver la trace et les preuves du rôle pacificateur et civilisateur de la France dans son empire colonial. Ces régions étaient, depuis des siècles, parcourues par des bandes dont les ressources étaient le brigandage, la piraterie et les trafics, à commencer par celui des esclaves. L’insécurité y était permanente.


Musée des troupes de Marine de Fréjus

R. Mauny dans "Siècles obscurs de l’Afrique Noire" écrit :

"Le trafic des esclaves se présente comme un triptyque dont les trois volets sont, au milieu, le fournisseur, l’Africain qui vend ses frères de couleur d’une part aux négriers arabes depuis le VII° siècle et pendant douze siècles, d’autre part aux Européens pendant quatre siècles à partir du XVI° siècle. Au total, on estime à trente millions le nombre des Noirs ainsi arrachés à leur pays, la moitié du fait des Arabes musulmans, la moitié par les Européens. Tous sont également coupables à nos yeux mais il est inutile de faire hypocritement les vertueux. Soyons-en persuadés, si nous avions vécu deux ou trois siècles plus tôt, nous eussions probablement trouvé la chose normale (…). Il faut en effet savoir que tous les peuples de la terre ont pratiqué l’esclavage au cours de leur histoire. Même les Européens pendant le haut Moyen-Age, lorsque les chrétiens vendaient aux musulmans leurs frères saxons, circassiens, magyars et autres slaves.


Tenue de gala (1935) et uniforme (1939)
(photos : Musée TDM de Fréjus)

C’est donc en libérateurs que se sont présentés nos premiers coloniaux qui pénétraient dans l’hinterland africain au cours de la seconde moitié du XIX° siècle. C’est l’honneur des troupes de marine d’avoir mis fin à l’odieux trafic qui fut une honte de l’humanité". Si la colonisation a apporté une paix appréciée par les populations civiles d’outre-mer, elle a aussi amélioré leur espérance de vie et les collections du musée illustrent ce thème.

Le Corps de santé colonial est présenté dans plusieurs vitrines et dans un mémorial. Les multiples aspects d’une oeuvre sans équivalent au bénéfice des populations civiles y sont développés. Souvent peu connu du grand public, le travail accompli mérite d’être expliqué et illustré.

Au fil de la visite, on remarque de nombreux documents, des pièces rares ou originales, des archives personnelles et inédites. L’oeuvre de personnalités marquantes du service n’est pas oubliée : découverte des agents de nombreuses maladies tropicales, analyse des modalités de transmission des maladies, invention de vaccins protecteurs, mise au point de traitements individuels et collectifs…

Des ouvrages, des documents audio-visuels, des objets divers ont été choisis qui permettent de mieux connaître ou de rappeler cet aspect particulièrement positif de la colonisation.

Le musée de Fréjus ne se limite pas à l’évocation du passé des troupes de marine. Son actualité s’exprime sous forme d’expositions temporaires, de conférences mensuelles, de visites organisées…

Il héberge aussi le "centre d’histoire et d’études des troupes d’outre-mer" (CHETOM) qui associe le musée à plusieurs universités, au centre de documentation du Pharo, au musée du service de santé du Val-de-Grâce à Paris, à l'ASNOM, pour assurer des missions :

- de recueil et de conservation des pièces,
- d’études et de recherches,
- de communication.

Il dispose de locaux et d’équipements appropriés et offre aux chercheurs, aux étudiants, aux enseignants un très important gisement d’investigation.

Quelques lignes du texte inscrit dans la crypte du Soldat Inconnu du musée résument l’action des troupes de marine :

"Elles ont apporté
Liberté sécurité paix bien-être
Aux populations décimées par la maladie
Elles ont donné la santé
Elles ont contribué d’éminente façon
Au développement social culturel économique
Des peuples qui ont constitué l’empire
Et cette oeuvre se poursuit aujourd’hui
Dans les états de la communauté
Des pays d’expression française
Pour que selon le voeu
Du Général de Gaulle
La France soit partout
L’évangile de la fraternité des races
Et de l’égalité des chances
Pour qu’elle présente au monde
Un visage de lumière et de liberté".


Page publiée le 11/01/2017.