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Site de l’Association Amicale Santé Navale et d’Outre Mer (ASNOM)

JOURNÉE 2026 DE L’ASSOCIATION DES AGRÉGÉS DE L’ÉCOLE DU VAL DE GRÂCE (AAEVDG).
Article mis en ligne le 18 octobre 2026

C’est le Vendredi 16 octobre que l’AAEVDG, association partenaire de l’ASNOM, a tenu au sein de l’Ecole du Val de Grâce sa traditionnelle journée annuelle réunissant plusieurs anciens professeurs agrégés du SSA, des membres encore en activité et les tout fraichement nommés en 2026, au nombre de 15 (voir l’article dans la rubrique « à l’honneur »).

Devant une salle Rouvillois comble et en présence du MGA Guillaume Pelée de Saint-Maurice, Inspecteur général du SSA, et du MGI Eric Schwartzbrod, Directeur de l’ACASAN et de l’Ecole du Val de Grâce, François Pons (Bx72), Président de l’AAEVDG, assisté des membres de son bureau, a procédé à la tenue de l’assemblée générale de l’association.

En salle Rouvillois, les professeurs agrégés à l’écoute lors de la Journée de l’AAEVDG

L’AAEVDG a procédé à la remise de ses prix annuels à de jeunes lauréats pour la qualité de leurs travaux : en chirurgie à Rayan Fawaz (Neurochirurgie/HNIA Sainte-Anne), en médecine à Antoine Vuong (HNIA Percy), en recherche à Chloé Cervera (Pharmacienne /IRBA). Les prix de thèse ont été décernés à Rodolphe Pensec et à Noelie Passelande.

Est venue ensuite la présentation de chaque nouveau professeur agrégé, chacun retraçant brièvement son parcours au sein du SSA avant de faire état de ses thématiques de prédilection, de ses travaux et de centrer son exposé sur le sujet qui lui a été demandé de traiter lors de sa leçon de 24 heures qui clôt traditionnellement le concours de chaque candidat à l’agrégation. Si la quantité y était -ce qui a sollicité l’attention de l’auditoire pendant près de 3 heures-, on ne peut que souligner l’extraordinaire qualité de ces communications tant dans la forme de leur présentation soulignant la maîtrise de l’expression orale et de leurs supports, absolument remarquable, dont font preuve nos jeunes camarades que sur le fond. C’est l’occasion de voir à quel point la biologie cellulaire et l’immunologie occupent dorénavant une place centrale dans tous les domaines de la médecine, avec quelle rapidité le recours aux technologies numériques devient prépondérant et à quelle vitesse l’intelligence artificielle s’impose partout et singulièrement dans le domaine de la recherche.

On constate également l’investissement que chacun de ces nouveaux professeurs agrégés consacre pour mettre en adéquation son travail quotidien et ses travaux de recherche avec les besoins des Armées et l’on ne manque pas de noter une propension effective à valoriser cette médecine spécifique aux Armées auprès de la communauté scientifique civile nationale et internationale qui l’accueille avec beaucoup d’intérêt. Et puis, on ne peut qu’être admiratif face à certains parcours exceptionnels alliant expérience opérationnelle, médecine humanitaire ou médecine de crise, travaux scientifiques mais ne délaissant pas la vie de famille !

L’AAEVDG invite chaque année une personnalité de haut niveau permettant à l’auditoire de bénéficier de son expertise et d’obtenir ainsi des informations réservées à un public averti. C’est le Général de Corps d’Armée Bruno Baratz, Commandant du combat futur, qui a cette année assuré cette fonction en faisant état des réflexions en cours sur les évolutions probables du champ de bataille terrestre dans un contexte de haute intensité largement documenté à partir des constats observés sur le front russo-ukrainien. Exposé absolument passionnant qui montre que « rien ne sera plus comme avant » du fait de l’omniprésence de l’intelligence artificielle et de l’accélération du tempo qu’elle entraine. Recours aux drones et à la robotisation qui modifie ce champ en ne laissant que très peu d’hommes dans les zones contestées remplacés par des humanoïdes, protection des moyens logistiques via des plates-formes de drones, détection des cibles émettant des rayonnements électromagnétiques (comme les appareils médicaux) les rendant vulnérables, modifications de la présence du SSA sachant que moins de 50 % des blessés pourront rejoindre un poste de secours, cyberguerre et désinformation, attaques des starlinks pour créer des ruptures de soutien électronique, révision des idées concernant le recours à la dissuasion nucléaire (nucléaire tactique), nécessité d’une capacité de production en termes d’armement et de munitions, participation majeure d’acteurs non militaires en particulier dans le domaine de la communication ce qui est une nouveauté, besoin de cacher ses intentions sur le champ de bataille. Mais aussi, besoin de maintenir une artillerie et un savoir-faire sur des terrains qui ne relèvent pas de la haute intensité et de comprendre que nos situations de crise telles que les feux de forêt de l’été dernier sont observées avec le plus grand intérêt par celui qui cherche à nous déstabiliser. L’orateur a évidemment été soumis à un flot de questions auxquelles il ne s’est jamais soustrait.

Le GCA Bruno Baratz, Commandant du combat futur

Le Directeur de l’ACASAN a ensuite pris la parole pour informer l’assemblée des dispositions prises pour optimiser le recrutement des élèves au sein de l’ESA, évoquer les conséquences des réformes des études au niveau du 2ème cycle et décrire les futurs parcours des praticiens jusqu’à l’éventuelle … agrégation. Le Médecin général des Armées Jacques Margery, Directeur central du SSA, a clôturé la matinée en insistant sur son souhait de voir la formation s’orienter résolument en fonction des besoins des Armées ce qui est le cas aujourd’hui au sein de l’ACASAN et de conforter les parcours des praticiens essentiellement en fonction du mérite de chacun.

La journée s’est terminée par un déjeuner donné en salle capitulaire de l’Ecole du Val de Grâce au cours duquel, comme le veut la tradition de l’AAEVDG, un discours est confié à un ancien agrégé et à un jeune agrégé. Dans cet exercice, Dominique Jaubert (Bx 65) s’est brillamment acquitté de sa tâche en décrivant son parcours de caméléon pour avoir porté à lui seul tous les types d’uniforme que le SSA possède en qualité d’ancien colo au service de la marine et des forces et Caroline Prieux-Klotz s’est montrée persuasive pour nous prouver que sa spécialité, l’hépato-gastro-entérologie, n’avait pas d’équivalent et est le must de la profession.