Le quotidien en ligne Hospimedia a relaté, dans son édition du 31/12/2025, l’intervention de Sandrine PONS, médecin en chef, biologiste et responsable du dépôt de délivrance de sang au sein de l’HNIA Sainte-Anne de Toulon, lors du 32e congrès de la Société francophone de transfusion sanguine à Bruxelles mi-décembre 2025. Cette communication a porté sur la création et le déploiement d’un logiciel traçant toutes les étapes de la transfusion, de la prescription médicale aux examens immuno-hématologiques, en passant par la préparation du produit sanguin et l’administration. Il s’agit là d’un outil innovant dont le Service de Santé des Armées (SSA), hautement sensibilisé aux risques de la transfusion sanguine compte tenu de ses missions opérationnelles a confié la conception et le pilotage de la mise en œuvre au Centre de Transfusion Sanguine de l’HNIA de Toulon avant déploiement vers l’ensemble des autres hôpitaux militaires français.
On sait l’importance, en particulier en milieu militaire chez le combattant, de faire savoir à chaque personne ayant bénéficié d’une transfusion qu’il ne peut dorénavant plus être « donneur de sang » du fait du risque d’allo-immunisation post-transfusionnelle lié à la présence éventuelle d’agglutinines irrégulières (AI). De même, chaque individu transfusé doit en principe être soumis dans un délai de 1 à 3 mois après la transfusion à un repérage de ces AI pour éviter que, lors d’une prochaine transfusion, survienne une hémolyse potentiellement grave. Or, l’expérience a montré au CTSA de l’HNIA Sainte-Anne que seulement 22 % des individus transfusés se soumettent à cette obligation. C’est ce constat qui a conduit à la création d’un outil numérique qui permet à chaque patient transfusé de disposer d’un dossier transfusionnel informatisé prenant en compte toutes les données nécessaires qui sont automatiquement enregistrées et archivées de façon nominative. Outre le gain de temps très substantiel pour les soignants qui résulte de la mise en place de cet outil numérique (23 heures mensuelles au lieu de 70 heures), et outre le fait que les dossiers transfusionnels apparaissent mieux créés et que chaque personne transfusée se voit dorénavant remettre à sa sortie dans 100% des cas un « parcours des informations transfusionnelles », c’est près de 60 % des personnes transfusées qui se sont soumises au dépistage des AI.
| Pour mémoire La transfusion sanguine française aujourd’hui repose sur deux opérateurs, l’un civil l’EFS et l’autre militaire le Centre de Transfusion Sanguine des Armées (CTSA). Le CTSA est constituée d’une structure centrale située à Clamart et d’un site secondaire à Toulon sur l’HNIA Sainte Anne. Sa mission est le soutien transfusionnel en produits sanguins labiles (PSL) des opérations extérieures (OPEX) et le soutien transfusionnel des différents Hôpitaux Nationaux d’Instruction des Armées (HNIA) implantés en région parisienne, l’HNIA Percy et Bégin, et en région PACA, l’HNIA Laveran à Marseille et Sainte Anne à Toulon. Le CTSA prépare du plasma lyophilisé (PLYO) reconnu dans le monde entier comme le plasma thérapeutique le mieux adapté à la transfusion précoce du blessé hémorragique grave. En effet, il se conserve à température ambiante, se reconstitue en moins de six minutes et est d’usage universel « vis à vis du groupe sanguin ». Ce fleuron, à haute valeur ajoutée, est le fleuron de la transfusion sanguine militaire française. Il peut, sous certaines conditions, être distribué aux structures civiles qui accueillent des blessés hémorragiques. |