Sur les théâtres d’opération, on sait le défi que représentent pour les soignants les situations hémorragiques, première cause de décès prévisible et évitable qui impose une prise en charge immédiate par transfusion sanguine. A ce titre, le Service de Santé des Armées (SSA) ne cesse de s’impliquer et d’innover en termes de recherche et d’expérimentation sur ce thème comme en atteste le prototype Velipod développé par la firme américaine Velico Medical et testé depuis la mi-février 2026 à Clamart au sein du Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA).
Pour rappel, la prise en charge d’un patient en choc hémorragique ou à risque de transfusion massive fait dorénavant volontiers appel au plasma lyophilisé (PLYO) obtenu par lyophilisation à partir d’un mélange de plasmas frais congelés issus d’aphérèse ; les plasmas proviennent de dix donneurs différents au maximum, de groupes sanguins A, B, et AB, exempts d’anticorps immuns anti-A ou anti-B, conservés à une température inférieure ou égale à −25 ◦ C. Il se conserve deux ans à température ambiante (+2 à +25 ◦C) sous la forme d’une poudre en flacon de verre. Le PLYO est produit par le CTSA mais cette production n’est pas sans difficulté du fait de sa complexité environnementale et technologique.
Contrairement au PLYO universel historique produit par ce processus dit de sublimation c’est à dire par le froid, le Velipod permet de concevoir du plasma sec en utilisant un procédé de dessiccation, c’est-à-dire d’assèchement par la chaleur. Cette technologie plus flexible que celle du PLYO, assure également une production plus rapide de plasma sec. Pour ce faire, le prototype VeliPod est composé de deux conteneurs : l’un contient un appareil de stérilisation à l’air chaud pour dessécher le plasma collecté, tandis que dans l’autre se trouvent d’une part une machine qui sépare l’eau du plasma, d’autre part une machine qui isole le plasma à l’intérieur d’un kit plastifié. Cette poche est ensuite scellée par des soudures, prête à l’emploi et facile à stocker.
Ce dispositif a ainsi deux avantages qui s’avèrent potentiellement essentiels dans le contexte d’un conflit à haute intensité. Alors que le PLYO impose une production dans un lieu fixe, le Velipod ne nécessite qu’un accès à l’eau et à l’électricité ce qui évite de devoir recourir à des infrastructures lourdes de type salle blanche. L’autre atout est sa rapidité de production et d’exécution puisqu’une poche de plasma sec ne prend que 45 mn pour être produite puis sa réhydratation à chaud tout juste trois minutes avant toute transfusion sur un blessé hémorragique. En l’espace de 48 heures, il est envisageable de concevoir 64 poches de plasma.