
Trois chants représentent la base des chants traditionnels de l’école. Ils ont fait l’objet d’un recueil sur un petit 45 tours en 1990 qui est toujours disponible à l’école.
Il s’agit de l’hymne de l’Ecole « La Coloniale » toujours repris en chœur lors des divers rassemblements de navalais, des « Trois Navais » et de « La Navalaise » adaptée d’un chant classique de la Marine, tous chants dont la création est très ancienne (voir l’historique de Louis FORCE).
LA COLONIALE
REFRAIN
Quel que soit le cadre,
L’Afrique ou l’escadre,
Dans un régiment
Ou bien à bord d’un bâtiment
On fera la noce
On roulera sa bosse
Mais qu’on fout’le camp de cet ignoble, de cet ignoble
Mais qu’on fout’le camp de cet ignoble établissement
I
Et s’il en est qui prennent la Marine
Ils s’en iront vers de bleus horizons, bleus horizons
Ils quitteront Bordeaux cité chagrine
Pour le ciel bleu de la rade de Toulon.
II
Et s’il en est qui prennent la Coloniale
Devant ceux-là, fœtus inclinez-vous, inclinez-vous,
Ils s’en iront vers l’Afrique infernale
Porter la science au pays des Bantous.
III
Et toi géné, vieillard syphilitique
Vieux fil de fer que la rouille a tordu, rouille a tordu
Nous quitterons ta satanée boutique
En te foutant un grand coup de pied dans l’cul
Autres couplets connus (Variantes)
- Couplet chanté par les élèves réunis spontanément dans la salle de jeu de l’Ecole à l’annonce de la déclaration de guerre en août 1914 et continué par la Marseillaise.
Quand nous serons en Afrique, à Terre Neuve
Loin de l’Ecole et loin du cours Saint Jean
Les p’tits fœtus consoleront nos veuves
Et serviront de pères à nos enfants.
- Couplet signalé dans le numéro 67 du Bulletin de l’ASNOM comme ayant été omis et qui constituait le second couplet de la Coloniale.
Notre itinéraire sera toute la terre
Après la gaieté viendra la liberté
Après la Canebière, l’Afrique et les rizières
Mais moins de tourments que ceux qu’ils eurent, que ceux qu’ils eurent,
Mais moins de tourments que ceux qu’ils eurent au cours Saint Jean
- Couplet sur l’armée de l’Air proposé par Bernard Dauba Etchebarne (Ly 63), dernier Angiboust de l’Ecole annexe de Brest, Commandant de compagnie à l’Ecole Santé Navale de 1983 à 1985, répondant ainsi au souhait du MGI Perdriel (Bx 41).
Et s’il en est qui prennent l’Armée de l’Air
Ils serviront sur des bases ou des centres du PN
Ils f’ront des E-vacuations sanitaires
Et pourront ainsi s’envoyer en l’air
LA NAVALAISE
(Sur l’Air de « Adieu, Cher Camarade » [Chant de marin])
I
Ah quelle est pitoyable la vie du Navalais
Y’n’mangent que d’la salade, ils ne boivent que du lait
Ils couchent sur la dure ou sur des lits de camp
Ils font triste figure car ils n’ont pas d’argent (bis)
II
Le dimanche et les fêtes, il leur faut travailler
Comme les féroces bêtes qui sont dans la forêt
Un jeune quartier maitre leur dit « dépêchez-vous »
Les forçats de Cayenne sont plus heureux que nous (bis)
III
O vous jeunes promises qui avez un amant,
Là-bas dans la marine, à bord d’un bâtiment,
Soyez leur z’y fidèle, gardez-leur z’y vos cœurs
A ces marins modèles qui sont dans le malheur (bis)
IV
Et vous jeunes fillettes qui cherchez un mari,
Priez dans vos églises le ciel à deux genoux
Vous êtes si jolies, faites-vous plutôt putains
Le restant de vot’vie qu’d’épouser un marin (bis)
V
Et si je me marie et que j’ai des enfants,
Je leur coup’rai leurs membres avant qu’ils ne soient grands,
Je ferai mon possible pour leur gagner du pain
Le restant de ma vie pour qu’ils soient pas marins (bis)
VI
O Navalais mon frère, écoute ma chanson
Car sans en avoir l’air, elle est une leçon
La marine nationale nous a fait une vie d’cochon
Et vive la coloniale, c’est la que nous irons (bis)
VII
Dis-moi, ma pauvre mère, qu’as-tu fait de ton fils
Marin c’est la misère, marin c’est trop souffrir,
J’ai encore un p ‘tit frère qui est dans son berceau
Je t’en supplie ma mère n’l’envoie pas à Bordeaux (bis)
LES TROIS NAVAIS
I
Trois étudiants grimpaient dispos
Vers la gloire au mât de cocagne
L’un est vasou, l’autre est moco
Le troisième fils de Bretagne.
Ils s’en allaient, joyeux garçons
II
La bouche pleine de chansons
D’anatomie plein la cervelle
Et le diable dans l’escarcelle
Vers la Navale et vers Bordeaux
Trois étudiants allaient dispos
III
Trois fœtus s’en allaient gaiement
Rencontrèrent trois bordelaises
Qui leur sourirent gentiment
Les deux premiers en furent fort aises
Le troisième qui était puceau
Trouva ses camarades bien sots
De s’empêtrer de dettes à faire
Quand la main suffit à l’affaire
De leur lot tous étaient contents
Trois foetus s’en allaient gaiement
IV
Trois navais s’en allaient gaiement
Au bout de leurs quatre ans d’École
Le premier avait un enfant
Le deuxième avait la vérole.
Le troisième, presque impuissant
Epuisé par le tremblement
Le cœur las, la moelle vidée,
Incapable d’une seule idée
À l’hymen songe chastement
Trois navais s’en allaient gaiement
V
Trois thésards s’en allaient gaiement
Quand ils eurent passé leur thèse
Ils choisirent, selon leur classement
Une carrière qui leur plaise.
Le premier, le père de l’enfant
Aussitôt s’en fut au Soudan
Le deuxième avec sa vérole
Etait mûr pour la métropole
L’aut’ fut cul rouge en permutant
Trois thésards s’en allaient gaiement
VI
Trois majors vont clopin, clopant
Ce sont les navais de l’histoire
Ruminant bien amèrement
Leur antique rêve de gloire.
Le cul rouge, cocu, gaga
Aux bleus prescrit de l’ipéca
Le marin meurt hémiplégique
Le colonial, bien qu’hépatique
A cinq galons se trouve content
Mais où sont les navais d’antan